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Jocelyn Neeladoo, pasteur, île Maurice: « Retour du Burundi »
4 au 22 juin 2007
Jocelyn Neeladoo, ancien de l’église de Curepipe a été envoyé en mission par CTMI à Bujumbura du 4 au 22 juin derniers. Il est parti à la fois superviser les travaux de l’installation de nouveaux bureaux de CTMI au Burundi, et avoir un temps d’investissement avec les frères avec lesquels CTMI est en contact depuis quelques années maintenant.
"Après 2 voyages à Rodrigues cette année, je suis allé au Burundi, et ça a été passionnant de voir la soif dans le cœur des serviteurs et du peuple de Dieu là bas !
Pendant les 19 jours, j’avais pour mission de m’occuper du chantier du nouveau bâtiment de CTMI, à la fois le local loué pour CTMI, et la salle que l’on va utiliser pour les rencontres. L’après midi, j’avais l’occasion de visiter la dizaine d’églises avec lesquelles nous sommes en relation. J’y animais des réunions avec les leaders également. J’ai moi-même pris 30 réunions ! Un samedi, j’ai enchaîné une réunion de 11H à 14H avec des pasteurs et responsables d’églises, puis à 15H, une autre jusqu’à 17H où j’ai rencontré des étudiants, et c’était formidable de sentir leur cœur !
J’ai pu avoir des moments très enrichissants avec les anciens avec qui nous travaillons : Marc, Anicet, Rénovat et Célestin entre autres. Eux-mêmes coopèrent avec plusieurs églises, ce qui représente à peu près 600 personnes. Une équipe se lève dans les églises locales autour de ces frères. Ils sont maintenant prêts à travailler ensemble. La mission de CTMI, c’est de réunir les pasteurs autour de la même vision, que l’on puisse identifier l’église comme celle de Jésus-Christ. Nous ne sommes que des instruments entre Ses mains !
Lors de mes réunions avec les leaders, j’ai vraiment essayé de leur montrer combien on doit aimer l’Église de Jésus-Christ, et le peuple de Dieu. Notre service découle de cet amour que l’on a pour Jésus-Christ, pas d’autre chose. Pour eux c’est nouveau, mais en même temps c’est ce qu’ils recherchent. Ils réalisent tous que les techniques, les titres, les diplômes bibliques même… n’ont pas construit leur vie ou celles du le peuple de Dieu !
Ils sont lassés par un évangile qui n’a rien apporté dans leur vie, les fausses doctrines, l’évangile rempli de compromis… Les serviteurs de Dieu ressentent en même temps qu’ils ont besoin de quelque chose de vrai et de plus solide, sur quoi bâtir leur vie et leur ministère pour le service de Dieu et pour répondre aux besoins de Son peuple. Donc la tâche est immense… quand on sait qu’au Burundi, environ 90% de la population est chrétienne ! Mais les églises ont poussé comme des champignons, tout le monde pouvait faire une église ! En marchant, j’en ai même vu une sous un arbre, 50 mètres plus loin, sous 2 tôles il y en avait une autre … Les chrétiens sont là, mais dans des centaines de petites dénominations.
Je suppose que d’autres organisations chrétiennes sont venues en Afrique les visiter. Souvent les églises et les prédicateurs d’Europe ou d’Amérique attirent les gens car ils ont des moyens financiers. Mais les pasteurs avec qui nous sommes en relation, reconnaissent ce besoin de l’évangile dans leur vie. L’équipe de leaders ici réalise qu’ils ont besoin de l’investissement de l’évangile avant toute chose ! Et ça n’est certainement pas une question de finances !
Avec CTMI, ils ressentent qu’il y a quelque chose de nouveau, ils sont donc prêts à collaborer. Ils ressentent combien leur ministère n’a pas de sécurité ! Et le peuple de Dieu cherche cette sécurité, des modèles à suivre, quelque chose de vrai. On peut dire que l’évangile au Burundi a commencé à faire son chemin. Une œuvre nouvelle a commencé !
J’ai pris les cultes les trois dimanches où j’étais là. Nous nous retrouvions dans une école qui loue ses salles de classe le week end… 7 églises différentes y étaient rassemblées tous les dimanches ! Seule la lumière de l’évangile va pouvoir unir le peuple de Dieu.
C’est d’ailleurs extraordinaire de voir que le peuple ne s’est pas lassé, peu se sont détournés, ils ont cherché le Seigneur d’une autre manière pendant la guerre civile qui a duré 19 ans ! On dirait même que ces conflits ont emmené une soif : les Burundais ont réalisé qu’ils avaient besoin de Dieu. L’actuel président a d’ailleurs connu le Seigneur pendant ce temps de crise. C’est évidemment aussi un facteur très favorable pour l’évangile d’avoir un chef d’état chrétien ! On peut visiter les églises, il y a une grande liberté de bouger, le peuple a soif et c’est un terrain vraiment favorable pour annoncer l’évangile.
Le Burundi a des contacts privilégiés avec d’autres frères ou églises au Congo et au Rwanda, tous deux marqués aussi par la guerre. Nous faisons le vœux que les portes s’ouvrent pour que les Chrétiens s’unissent autour de l’évangile. La soif qu’il y a dans le cœur du peuple de Dieu, quand l’évangile vient, est un grand encouragement. Non seulement ils ont soif, mais ils sont déterminés, ils expriment leur joie et leur reconnaissance dans leurs louanges par exemple.
J’ai bien aimé une petite église chez un frère dans un endroit appellé « Kaliocha » avec un frère nommé Joseph. Là bas, il y avait beaucoup de jeunes, une bonne équipe de louange, une nouvelle génération se prépare pour l’évangile ! J’ai voulu passer du temps avec tous ces jeunes ressentant qu’ils ont l’appel de Dieu sur leur vie ! Il y a une catégorie de jeunes qui se démarque, on ressent qu’ils se détachent des autres en voyant cette détermination pour l’évangile de la croix de Jésus-Christ. Ils ont entendu parler de CTMI, mais c’est l’évangile qui attire leur cœur !"
Juillet 2007
Pour CTMI
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