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Interview d'Audrey Hardy sur Radio Bonne Nouvelle

Beaucoup d’entre vous avez vu ou rencontré Audrey Hardy, à Maurice ou au cours de conférences à l’étranger. Pour en savoir plus sur elle ou sur son rôle à CTMI, voici un premier extrait d’une interview réalisée par Benjamin Holl de Radio Bonne Nouvelle (Cameroun) en avril 2009.

Qui est Audrey Hardy ?
Je suis née à l’île Maurice où j’ai grandi dans une famille catholique. J’étais très proche des prêtres, très engagée dans l’église, mais au fond de moi, sans m’en rendre compte, je recherchais quelque chose. Quand j’ai entendu l’Evangile pour la 1re fois, à l’âge de 27 ans, prêché par des laïcs venus d’Afrique du Sud, j’ai vu qu’ils vivaient quelque chose que je voulais vivre. Ils m’ont encouragée à lire ma Bible, que je connaissais déjà très bien, mais je me suis mise à la lire autrement, avec un cœur ouvert, et c’est là vraiment que Jésus s’est révélé à moi. J’ai compris mon besoin d’être sauvée, malgré ma vie « normale », assez raisonnable… J’ai réalisé qu’il y avait une démarche personnelle à faire. J’avais besoin de me repentir de mes péchés, de ma vie passée, de réaliser que Jésus était mort sur la croix pour moi. J’avais besoin d’accepter ce sacrifice d’une manière personnelle, de croire en Lui et de l’inviter dans ma vie comme mon Sauveur. A partir de ce moment-là, ma vie a été bouleversée. Comme, par la grâce du Seigneur, Miki venait juste de vivre la même chose, nous avons pu grandir ensemble dans le Seigneur.

Quelles ont été les réactions autour de vous ?
Tout de suite, on a été persécutés, accusés de toutes sortes de choses, rejetés par nos familles et nos amis, et dès le départ on a dû prendre soin d’autres personnes qui venaient de naître de nouveau, et entrer carrément dans le service du Seigneur. Donc on n’a pas eu d’autre choix que de grandir très vite, que d’être plongés dans l’Evangile. Deux ans après, nous avons ressenti le besoin d’aller plus profondément dans la Parole de Dieu. Nous sommes partis pour l’Afrique du Sud faire une école biblique pendant deux ans. Puis nous avons ressenti clairement que le Seigneur nous appelait à retourner à l’île Maurice. Ce n’était vraiment pas là que nous aurions voulu aller… On pensait plutôt à la Suisse, la France, l’Amérique, un grand pays, mais repartir d’où nous venions ! Avec des persécutions, du rejet, c’était difficile… Mais on a dit « oui » au Seigneur. A cette époque, on était très engagés dans le mouvement charismatique. Pour nous, ce qui comptait, c’était la puissance, les délivrances, les prières, l’intercession, non-stop. Mais on ne pensait pas que Dieu avait besoin de travailler nos vies.

Vous voulez-dire que votre conception de la vie chrétienne a évolué ?
C’est vrai qu’il y a eu un grand ménage à faire dans ma propre vie, car à ce moment-là, dans mon couple, j’avais beaucoup de difficultés à me soumettre à Miki, je trouvais que je faisais certaines choses mieux que lui, qu’il était plus lent à comprendre certaines choses… et il y avait beaucoup de disputes. De plus, selon notre compréhension, il y avait une égalité de ministère entre le mari et la femme, les deux étaient appelés de la même façon, les deux étaient pasteurs, on partageait un peu le ministère et je prenais pas mal de décisions dans l’église. Le Seigneur a dû me briser, faire une œuvre dans mon cœur, pour que je prenne ma place, celle que le Seigneur avait réservée pour moi. Le Seigneur a dû beaucoup travailler dans notre couple, car il y avait beaucoup de compétition entre Miki et moi, en tout cas de mon côté. Quand lui voulait aller à droite, moi je voulais aller à gauche… Ça ne nous empêchait pas après d’aller prêcher l’Evangile, de tenir des réunions, comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ma relation avec les anciens n’était pas idéale non plus et je n’avais pas beaucoup de respect dans mon cœur pour eux. Vu de l’extérieur, dans l’église, tout paraissait bien : on avait une grande église qui allait bien, on évangélisait, les gens se convertissaient, il y avait des guérisons et des délivrances puissantes … mais il n’y avait pas de paix et les gens ne grandissaient pas comme ils auraient dû… Enfin, au début des années 90, le Seigneur a commencé à révéler l’évangile de la croix à Miki, qui était depuis 7 ans dans le ministère. Miki a compris que s’il voulait voir un changement dans l’église, il fallait que ce changement s’opère premièrement en lui, dans sa propre vie, y compris en tant que responsable. On a réalisé que ce qui comptait pour le Seigneur, ce n’était pas les grands sermons, ce n’était pas des grandes actions pour Lui, mais c’était avant tout une vie à Son image, qui Le glorifie, où Il peut nous travailler, nous façonner, nous former.

Mais que s’est-il passé concrètement quand vous avez pris ce « virage » ?
Le Seigneur a commencé à faire une oeuvre profonde dans la vie de Miki puis, à mon tour, Il m’a brisée pour que je prenne ma place dans mon couple, et ensuite dans l’église. Ça a été quelques années très difficiles. Le Seigneur a dû vraiment nous mettre un peu à l’ombre, car on faisait partie des leaders charismatiques en vue, on allait aux conférences, on faisait partie des prédicateurs « à la mode » ! Et quand le Seigneur nous a emmenés sur un chemin différent, on a été incompris de beaucoup, jugés, mis de côté, considérés un peu comme une secte… Tout s’est passé en même temps, ça a été un chamboulement dans nos maisons, dans l’église, dans nos relations, mais peu à peu, on est arrivés à poser une fondation, non seulement dans nos vies mais dans l’église. Chacun a pu trouver sa place, de vraies relations ont été construites entre nous et les anciens. On est devenus une véritable équipe – pas des gens qui se présentaient devant l’église comme une équipe mais qui en réalité n’arrivaient jamais à être d’accord pour la moindre chose…

A partir de ce moment, au début des années 90, le Seigneur a fait une grande œuvre et Il a emmené la paix dans l’église. Aujourd’hui, l’église est dans la paix comme on le voit dans le livre des Actes. Il y a une œuvre extraordinaire qui se passe dans le cœur du peuple de Dieu, des responsables.

Mais il semble que votre église soit surtout une église missionnaire…
Oui, l’étape suivante, c’est que le Seigneur a commencé à nous faire comprendre qu’Il ne nous avait pas seulement appelés pour l’île Maurice. Les portes ont commencé à s’ouvrir dans les îles de l’océan Indien. Puis l’Afrique est venue sur nos cœurs. A Maurice, on a l’avantage d’être bilingues, donc toute l’Afrique nous est ouverte, l’Afrique francophone comme l’Afrique anglophone.

Aujourd’hui, quelle est la vision de CTMI ?
La vision de CTMI, c’est surtout d’équiper les serviteurs de Dieu afin qu’ils puissent être efficaces pour l’œuvre du Seigneur. Donc on travaille là où Il ouvre les portes, où Il unit nos cœurs avec Ses serviteurs, peu importe où, dans les pays riches comme dans les pays pauvres, dans les pays proches comme dans les pays lointains.

Quel est votre rôle au sein de CTMI ?
Comme le nom CTMI l’indique, nous sommes avant tout une équipe. Donc avec l’aide des autres, j’interviens d’abord dans la coordination de tout ce qui concerne l’administration au sens large. Je m’occupe des finances, de la correspondance, de tout ce qui est le centre névralgique de CTMI. Je valide les programmes TV (on a un programme de télévision qui passe sur CTV, dans plusieurs pays d’Afrique et un « chat show »), je valide les programmes radio, je travaille sur les news letters (CTMI Today), les e-letters (les rapports de mission). Vous savez, CTMI œuvre grâce à des partenaires de coeur qui nous soutiennent financièrement, et dans la prière. Et ils auraient bien voulu, dans l’idéal, être avec nous quand nous partons en mission, ici au Cameroun par exemple. Alors je fais des rapports de mission sur ce que Miki prêche, ce qui se passe, comme un family news, afin que nos partenaires vivent tout au plus près… Miki et l’équipe apostolique s’occupent de la prédication, de répandre l’Evangile, et moi je suis impliquée dans tout ce qui vient autour. Et ensuite, je m’occupe de tout l’aspect social de CTMI, là où le Seigneur nous appelle à aider les orphelins, les malheureux, les veuves, les pauvres. En résumé, je veux être dans tout ce que le Seigneur fait. J’aide et je soutiens là où je peux, je suis disposée… Vous savez, on est une petite équipe et on fait beaucoup : donc chacun de nous a beaucoup à faire, on doit mettre partout la main à la pâte. Nous avons des petits moyens, mais on fait beaucoup avec peu.

Comment est conçu CTMI Today ?
Nous faisons 4 numéros par an, et l’équipe du département média qui s’en occupe prévoit d’avance quelles sont les missions que l’on va pouvoir mentionner dans CTMI Today. Ensuite, je valide, en particulier le contenu des articles. Puis l’équipe s’occupe des photos, des interviews, et finalement Miki et moi, on valide l’ensemble, qui est ensuite publié et distribué gratuitement. CTMI Today, c’est un journal de famille… c’est pour la famille du Seigneur, c’est une relation qui se construit, qui se maintient avec ceux qui nous soutiennent et qui ont à cœur l’œuvre de CTMI.

 

2e partie de l’interview à venir…

 
 
   
   
 

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