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Beaucoup d’entre vous avez vu ou rencontré Audrey Hardy, à Maurice ou au cours de conférences à l’étranger. Dans le 2e et dernier extrait d’une interview réalisée par Benjamin Holl, de Radio Bonne Nouvelle (Cameroun), en avril 2009, elle évoque les liens privilégiés de CTMI avec l’Afrique et la construction du nouvel auditorium de Trianon.
Quelles sont les relations de CTMI avec l’Afrique ?
Nous considérons que c’est un privilège de servir le Seigneur ici en Afrique, et nous sommes très conscients que tout le monde n’est pas disposé à le faire. Pour nous, servir le Seigneur, ce n’est pas venir, prêcher et repartir. C’est construire des relations, c’est être concernés par nos frères, nos sœurs, c’est rester en contact avec eux, c’est partir mais revenir et voir l’église du Seigneur se former en Afrique en prenant racine sur la bonne fondation… non pas la fondation d’un évangile qui promet des bénédictions, mais celle de l’Evangile qui est un défi et emmène l’œuvre de Dieu à se faire dans la vie des gens. On travaille aussi dans d’autres parties du monde, on est engagés avec des frères et sœurs avec lesquels le Seigneur a uni nos cœurs, mais l’Afrique a une place spéciale pour nous. On ne vient pas ici pour être dans de grands hôtels, ni habiter dans de grandes maisons, mais pour vivre comme les gens d’ici. On ne se laisse pas arrêter par les circonstances qui sont parfois très difficiles, car venir en Afrique, ce n’est pas évident. Même pour les avions, tout est cher, tout est compliqué… Mais on pense que c’est là que le Seigneur veut que nous soyons. Pour nous, c’est une grâce et on veut répondre à cet appel…
CTMI construit un grand auditorium, dans la région de Trianon, à l’île Maurice. Qu’est-ce que ça vous fait quand vous voyez une telle œuvre ?
C’est très encourageant, surtout quand on se souvient d’où on est partis quand on est revenus à l’île Maurice en 1982. On avait un lieu de rencontre qui était délabré : quand il pleuvait dehors, il pleuvait à l’intérieur, et on n’avait pas les moyens d’avoir mieux, puisqu’on n’avait rien. Et à cette époque, on se disait : « Dieu se servira sûrement de riches chrétiens d’autres pays pour nous permettre de construire quelque chose. » Mais finalement, le Seigneur nous a montré qu’Il allait utiliser les personnes de nos églises, nous-mêmes, avec nos petits moyens. Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. On a commencé à louer un local un peu plus agréable, puis on a acheté un petit terrain et on a fait confiance au Seigneur. Les Mauriciens se sont tout d’abord sacrifiés, ils ont donné, puis les églises en partenariat avec nous nous ont apporté un grand soutien, et nous avons pu construire l’église actuelle de Curepipe. Enfin, ce que je peux dire c’est que pour nous, ça a été un cheminement. On n’est jamais tombés sur une mine d’or. On a toujours dû creuser très profond pour chercher des petites sommes d’argent, faire avec peu pour pouvoir avancer et réaliser les projets que le Seigneur nous conduisait à accomplir.
Comment la construction de Trianon est-elle financée ?
Quand, il y a quelques années de cela, le Seigneur a mis sur notre cœur d’acheter ce terrain dans des champs de canne, c’était vraiment un grand pas de foi, parce qu’on n’avait pas du tout les finances correspondantes. Alors pendant une conférence, on a exposé ce projet au peuple de Dieu. Vous savez, chez nous, il y a une chose à laquelle on tient beaucoup : quand on parle de projets aux chrétiens, on veut leur dire ce qu’ils représentent, ce que ça coûte. Et quand ils répondent, qu’ils nous donnent, on tient à repartir vers eux et leur dire : « Voilà ce qu’on a reçu, et voilà ce qu’on a fait avec l’argent que vous nous avez donné. » Ça nous scandalise de voir souvent des ministères lancer des appels de fonds sans préciser les montants nécessaires ni combien ils ont reçu et ce qu’ils ont fait avec les dons. Nous considérons qu’il est tout à fait légitime de rendre des comptes au peuple de Dieu. Le résultat, c’est qu’il a confiance en nous et n’a aucun problème à répondre et à donner. On a donc pu acheter ce terrain. Mais quand on a vu le coût de cet auditorium, on a pensé qu’on ne pourrait jamais y arriver ! Pourtant, Miki avait cette vision claire du Seigneur dans son cœur, et toute l’équipe a décidé de se lancer. Ensuite, à chaque fois qu’il n’y avait plus d’argent, que les caisses étaient vides, le Seigneur pourvoyait avec une petite somme par-ci, une grosse somme par-là ; un frère vendait quelque chose, il nous donnait une partie de la vente, un autre frère vendait sa maison et avait à cœur de nous donner quelque chose qu’il avait en plus, un autre avait reçu un héritage, il voulait partager, et ça a duré deux ans. Nous arrivons à la fin de la construction de l’auditorium et je peux dire que le Seigneur a pratiquement pourvu à tout, il y a même des gens encore prêts à donner ! Et nous savons que ce n’est pas pour nous que nous avons construit cela, c’est pour Son œuvre jusqu’à son retour.
Quelle est la vision qui vous a poussés à construire cet auditorium ?
Avant tout, à Curepipe, on était trop à l’étroit, que ce soit pour nos conférences internationales ou pour nos rassemblements mensuels d’églises. Il était donc devenu urgent de déménager dans quelque chose de plus grand… De plus, nous sommes convaincus que c’est un endroit stratégique où le Seigneur va répandre son Evangile, c’est un endroit où le Seigneur va toucher beaucoup de vies. Et nous croyons qu’à partir de ce lieu nous allons continuer à atteindre plusieurs pays du monde. Il est quand même assez amusant de voir que le Seigneur se sert de l’île Maurice, qui est comme une petite goutte d’eau dans l’océan Indien, pour annoncer la Bonne Nouvelle dans d’autres parties du monde. Le Seigneur choisit des choses folles ! Mais c’est un tel privilège d’avoir une part là-dedans.
Merci beaucoup Audrey Hardy !
Merci Benjamin pour l’occasion que tu me donnes, et j’en profite pour dire à tous ceux qui m’entendent que Jésus les aime. Je voudrais qu’ils réalisent que le Seigneur a un plan. Il n’a oublié personne… Peut-être qu’ils écoutent cette radio, qu’ils ne Le connaissent pas. Ils ont peut-être une image de l’église très légaliste et matérialiste, mais j’aimerais que ce matin, ils ressentent le cœur du Seigneur, ce que Dieu a pour eux. Et même pour les chrétiens qui sont dans une église, il y a tellement de loi dans l’église aujourd’hui, tellement de gens qui sont manipulés… Je voudrais qu’ils réalisent que ce n’est pas le cœur du Seigneur pour eux, que le Seigneur veut vraiment qu’ils Le servent dans la liberté, et qu’ils ressentent Son cœur dans tout ce qu’Ils font pour Lui et avec Lui. On les aime, et que le Seigneur les bénisse.
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